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Années 1960
Michel à 18 ans
Michel à 18 ans.
 Période historique 1960-1969
 Années étudiées 1960 • 1963 • 1964 • 1965 • 1966
1967 • 1968 • 1969

Détail de la vie de Michel Sardou dans les années 1960[1].

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1960-1963 : retour à la vie parisienne Modifier

Le 7 septembre 1960, Fernand ouvre le cabaret "Chez Fernand Sardou", rue Lepic, à l'emplacement de l'ancien Belzébuth. Après d'énormes travaux puis des débuts quelque peu cahotants, c'est le succès. Ils refusent du monde tous les soirs.

Dans les coulisses de l'ABC, un music-hall du Boulevard Poissonnière aujourd'hui disparu, Michel rencontre Pierre Billon, le fils de Patachou, laquelle était la vedette d'une opérette L'Impasse de la Fidélité où jouaient également Fernand et Jackie Sardou. Michel et Pierre deviennent amiss. C'est le début d'une longue amitié. Le père de Michel raconte : « Pendant que nous jouions, Michel et Pierre sortaient ensemble. J'assistais chez Michel à la naissance d'une amitié qui ne devait jamais se démentir tout au long de sa carrière. Meme age, memes gouts, memes idées, memes ambitions: la chanson, la chanson, la chanson. Ils étaient inséparables, nous jouaient bien sur des tours pendables... ». Plus tard, avant que la vie n'ait raison de leur amitié, ils se feront tatouer le même aigle sur le bras.

1963-1964 : un désir de liberté Modifier

D'où viens-tu Johnny

Pendant l'été 1963, Michel passe ses vacances en Camargue auprès de son père sur le tournage de D'où viens-tu Johnny ?, le premier film dont Johnny Hallyday est la vedette, sous la direction de l'Américain Noël Howard. Michel est fou de bonheur. Il passe l'été de ses 15 ans auprès d'un jeune dieu vivant.

Cet été là, Michel écrit sa première chanson pour Johnny Le dernier métro. Evidemment Johnny ne la chantera jamais, mais il lui donne sa chemise. Et aux dires de Michel au début des années 2000, cette chemise, il l'a toujours.

Sardou 60
Michel à 17 ans

En 1964, Michel retourne au collège du Montcel, institution réputée de Jouy-en-Josas, mais les études ne le passionnent pas. Après avoir vu L'Homme de Rio avec Jean-Paul Belmondo, sorti le 28 février 1964, Michel a une révélation : « Et si j'allais à Rio, ville fascinante où tout est possible ? » Avec un copain pensionnaire, dont le père était assez riche, il cambriole un soir le coffre des parents du copain, de quoi payer le voyage ! Mais ils sont assez chics pour laisser un billet dans le coffre disant qu'ils allaient tout rembourser !! Avec l'argent en poche ils débarquent à Orly pour acheter les billets pour Rio. Ils veulent se rendre au Brésil « pour y monter une boîte de strip-tease ». L'employé leur demande de bien vouloir patienter un peu. Le temps qu'il faut en fait pour appeler la police et avertir les parents. Et c'est ainsi qu'un soir, le directeur de l'école téléphone Fernand à son cabaret, en pleine représentation : « Michel à fait le mur avec un camarade et se trouve à Orly !!! ». Fernand récupère son fils à Orly !

Après cet essai d'aventure, Michel déclare à ses parents de son refus de regagner le pensionnat. « Je veux travailler » décrète-t-il. Le lendemain Fernand cède : « Tu veux faire l'andouille et bien tu le feras pour de bon ! » Michel devient serveur-artiste dans le cabaret de son père. Entre deux services, il monte sur scène pour interpréter une parodie de Pour moi la vie va commencer, le succès de Johnny Hallyday. Le jeune Michel Sardou s'en tire fort bien. Bientôt Fernand lui écrit des sketches.

Michel et Patachou
Michel et Patachou

Michel chante dans le cabaret de son père et dans divers autres cabarets de la Butte Montmartre (Le Tire-Bouchon, Chez Patachou, Chez ma cousine...).

1965 : l'année cruciale Modifier

En 1965, Fernand Sardou joue au Châtelet dans l'opérette à succès L'Auberge du Cheval-Blanc. Michel y vient souvent et il y a fait la connaissance d'une charmante danseuse, Françoise Pettré. C'est le coup de foudre !!! Ils se marient à l'église Saint-Pierre de Montmartre. La réception a lieu dans le cabaret de ses parents, " Chez Fernand Sardou ". Lâché par son associé, Fernand Sardou sera contraint de fermer son cabaret peu de temps après.

Michel et Françoise (après 1965)
Michel et Françoise (après 1965)

Après leur mariage, le jeune couple s'installe dans une chambre de bonne. Dans la journée, Michel prend des cours de théâtre, courant le cachet dans les cabarets rive-gauche. Décidé à devenir acteur, il s'inscrit chez Raymond Girard, un des meilleurs professeurs de Paris, mais aussi chez Yves Furet, où il étudie essentiellement des pièces comiques le soir. Dans les cours de comédie qu'il suit avec passion, Michel fait la connaissance de Michel Fugain et de Patrice Laffont (le fils de l'éditeur Robert Laffont, que l'émission télévisée Des chiffres et des lettres rendra plus tard célèbre).

Le lit a deux places  Paris brule t il

Avec son maigre bagage de comédien, Michel apparaît alors comme figurant dans Le Lit à deux places dans le rôle d'un télégraphiste, un film avec Sylvia Koscina. Et on le retrouve aussi figurant dans Paris brûle-t-il ? avec Patrick Dewaere et Michel Fugain. Ils jouent trois étudiants qui tombent sous les balles nazis. Ces deux films sortent sur les écrans en 1966.

Michel à Montmartre à 18 ans

Michel chante dans divers cabarets sur la rive gauche. Il court le cachet pour cinquante francs la soirée. Il a fait tous les cabarets de Montmartre sans jamais sortir gagnant. Il s'essaye à la sauce Aznavour, mais cela ne prend pas. Puis se lance dans le rock, très en vogue en France, chante Brel... Cela permet d'arrondir les fins de mois et de payer les cours de théâtre, les temps sont durs.

Au cours de théâtre il rencontre Michel Fugain, avec qui il écrit quelques chansons. Michel fait également connaissance de Patrice Laffont avec qui il se lie d'amitié. Les trois amis écrivent des chansons. Michel y croit-il plus que les autres ? En tout cas, il est le seul à oser faire la tournée des maisons de disques pour montrer leurs travail. Michel est parolier, Fugain écrit les musiques. Michel n'a pas prévu d'en être l'interprète, mais il passe quand même des auditions, et contre toute attente décroche un contrat chez Barclay !

1965-1969 : les années Barclay Modifier

Michel enregistre un premier 45 tours qui sort le 10 novembre 1965. C'est un 45 tours 4 titres dont les paroles sont de Michel et la musique de Fugain : Les Arlequins, Je n'ai jamais su dire, Il pleut sur ma vie et Le Madras, écrit et composé par Patrice Laffont. Ce 45 tours passe inaperçu.

1er 45T 4 titres pour Michel Sardou
Le premier 45 tours quatre titres de Michel Sardou.

Le 11 mars 1966, un deuxième 45 tours est publié chez Barclay (Les Filles d'aujourd'hui - Les Beatnicks - Dis, Marie - Si je parle beaucoup).

Après ce disque, Michel Fugain part vivre son propre destin et Michel Sardou crée les chansons suivantes après sa rencontre avec Régis Talar et Jacques Revaux. Jacques Revaux : encore un ami de jeunesse, un ami de la Butte, le fils du boucher de la rue des Abbesses où Michel allait acheter de la viande pour son berger allemand.

Le 17 juin, le trio Sardou/Revaux/Laffont publie un troisième 45T (Le Visage de l'année - Raconte une histoire - Mods and Rockers - Encore 200 jours).

2ème 45T (mars 1966)  3ème 45T (juin 1966)

Malgré l'insuccès de ses premiers 45 tours, Michel est engagé à Bobino, en lever de rideau de François Deguelt. C'est sa première « grande » salle. Il chante quelques chansons, dont Le Madras et obtient un certain succès. Son nom figure évidemment sur les affiches.

Mais Michel a oublié l'armée. Il n'a pas répondu au recensement du Ministère des Armées qui a envoyé le courrier à une ancienne adresse. Mais l'armée, elle, n'a pas oublié Michel, et les gendarmes viennent l'arrêter à Bobino grâce aux affiches annonçant son passage. La mort dans l'âme l'artiste part faire ces classes à Monthléry pour faire ses classes, en costume de scène et maquillé. Bonjour l'accueil ! Il écrit à ses parents: « Ma chère petite maman, mon cher papa. C'est vraiment la plus grande connerie que j'aie jamais pu faire: entrer dans une caserne... » Comme il est marié, il obtient assez vite l'autorisation de rentrer chez lui presque tous les soirs. Comme il est marié, il obtient vite l'autorisation de rentrer chez lui presque tous les soirs.

En définitive, il effectue dix-huit mois de service militaire (1966-1967), dont une bonne partie au "trou", donc aux arrêts (en cellule) pour indiscipline. Cette expérience lui inspirera la chanson Le Rire du sergent, ayant été arrêté dans les coulisses de Bobino maquillé pour la scène.

Michel à l'armée
Michel à l'armée

Un jour, Michel reçoit un télégramme de Paris, avec en bas du message la signature d'Eddy Barclay, qui lui annonce qu'il est sélectionné pour participer à "La Rose d'or d'Antibes". Michel débarque à Antibes, les cheveux ras, le visage blême marqué par des mois de répugnance extrême de l'armée, avec ce titre Le Visage de l'année. Une chanson à l'antipode du visage pâle de son interprète. À la place des applaudissements, il est sifflé assez durement par le public, préférant Michel Polnareff qui ravit la Rose d'or avec sa chanson Love Me, Please Love Me. Michel est visiblement déçu mais admet que sa chanson n'est pas une perle. « Ma chanson est si plate », dit-il. Il ne porte pas les militaires dans son coeur, mais Michel à quand meme effectué son service pendant 18 mois. Souvenirs : 180 Jours de trou et une permission au Antibes.

En janvier 1967, Michel sort un quatrième 45 tours sort chez Barclay (Les Ricains - Les Moutons - Merci Seigneur - Le Train de la dernière chance). C'est le premier disque qui contient une chanson qui deviendra un succès (Les Ricains). Michel, qui, au sortir de l'enfance, a fait le choix de se battre à découvert avec le monde adulte, supporte mal ces éternels adolescents, futurs fils de la révolution de mai. Pour lui, l'émancipation a un autre sens: elle se conquiert au jour le jour, au coup par coup, à force de travail. La chanson Les Ricains se fait remarquer, car elle sort au moment où le Général de Gaulle condamne l'intervention américaine au Vietnam et demande le retrait des dernières troupes de l'OTAN stationnées en France (la France se retirant également de l'OTAN). La chanson qui déplaît à tout le monde est boycottée aussi bien par la gauche que par la droite, et réaction est immédiate : la chanson est interdite sur les radios ou plutot, déconseillée.

4ème 45T en janvier 1967  5ème 45T en octobre 1967

Après ce bref orage, c'est à nouveau le calme plat. Ça traine, ça n'accroche pas. Pour réussir il faut se ramasser au début. Un premier disque qui marche bien est souvent un risque pour l'avenir. Le plus dur reste à faire: se faire connaitre! Michel va alors s'employer de longues journées à étudier les ficelles du métier. 3 à 4 h par jour de cours de chant, à perfectionner la mise en scene. Jacques Revaux propose alors Petit, un cinquième 45 tour est mis sur le marché en octobre 1967, avec des titres comme Tu as changé - 100 000 universités - Les Fougères. Les deux dernières ne méritent pas une attention particulière. Par contre ce qui eut merité une attention toute particulière en revanche, c'était le 6éme Super 45 tours.

En 1968, Michel, se perfectionnant davantage, sort deux nouveaux 45T de 4 titres au cours de l'année, toujours chez Barclay. D'abord en mai avec Si j'avais un frère, Je ne t'ai pas trompée, God save the King, Madame je, puis en novembre avec Nous n'aurons pas d'enfant, Les Dessins, Le Centre du monde, Le Folk-Song Melody.

6ème 45T en mai 1968  7ème 45T en novembre 1968

Ces derniers titres auraient dû attirer l'attention de Barclay. Comment est-il possible que cette fois Barclay n'ait pas compris ? Nous n'aurons pas d'enfant passe sur toutes les ondes, fut n° 1 au hit-parade en Belgique, mais "l'intendance" ne suivit pas, le disque fut mal distribué. Cette fois, il fallait rompre.

Michel en 1968
Michel en 1968

Lassé de travailler avec des gens qui ne croyaient pas en lui, Fernand Sardou raconte : « Michel fit une crise et annonça au Napoléon du disque qu'il le quittait. On lui lance "qu'il n'était qu'un petit con... Et qu'il ne ferait jamais rien dans la chanson" »

Michel et son père en 1968
Michel et son père en 1968.

1969 : la fin de l'aventure Barclay et les débuts du label Tréma Modifier

En 1969, un directeur artistique de chez Barclay résilie son contrat en disant qu'il ne ferait jamais carrière dans la chanson. Mais Barclay n'a jamais compris Michel Sardou. Michel raconte à propos d'Eddie Barclay : «  Évidemment mes disques n'étaient pas bons, ça démarrait lentement... Mais enfin c'était son métier, il aurait dû se dire qu'il y avait peut-être des chansons intéressantes, des textes. Il faut être patient quelquefois. »

En fin de compte, Michel a enregistré sept disques chez Barclay, soit 28 titres au total. Michel Sardou est donc remercié de chez Barclay, en même temps que Pierre Perret ! Peu de temps après, Jacques Revaux et Régis Talar créent alors le label "Tréma" (acronyme de "Talar Revaux Editions Musicales Associés"), distribué par Philips, qui produira désormais les disques de Michel.

Jacques Revaux, compositeur et ami de Sardou depuis 1965, sous contrat avec une filiale des Editions Barclay, délaisse Eddie Barclay également avec Régis Talar, un dirigeant de celui-ci. Jacques Revaux, né en 1940, est sensibilisé très jeune par la musique. Après avoir reçu un enseignement de musique classique, il se tourne vers le Conservatoire de Paris. Parmi les quelques hautes pointures, il en est un qui interprète une chanson de Revaux : Frank Sinatra avec "My Way" (Comme d'habitude). Ce titre divulgue au monde entier le nom de Revaux. Fort de sa performance, il s'attache dorénavant à assister quelqu'un en qui il croit : Michel Sardou !

Revaux, c'est le contact carré, le cigare et la passion des chiffres. Talar, le regard, un charme discret et la passion du foot. Revaux et Talar : inséparables. Ils se veulent, professionnellement, parfaitement interchangeables. Et ils sont totalement différents. Quand il se rencontrent en octobre 1962, Régis Talar travaille depuis un an chez Philips. Il a 22 ans. Ils ne le savent pas encore mais pour eux c'est "à la vie à la mort". Rien d'étonnant donc, si en quittant Philips pour Barclay en 1963, Talar y entraîne Revaux, et si en 1969, quand Michel est viré de chez Barclay, ils décident de s'en occuper ensemble.

La relation qui lie Revaux à Talar est très étroite : « On a cassé la tirelire, on a fait signer à Michel un contrat de 10 ans et on a enregistré un disque. » Tréma est aussi une affaire vraiment née de l'amitié : c'est pour Michel qu'on l'a montée. Les deux jeunes PDG partis de l'édition, et qui gravent aujourd'hui leur propre sillon, tiennent à ce que les choses soient bien claires. Talar précise également : « Il y a Tréma et il y a Sardou. » Et Revaux d'ajouter : « Mais il y a eu Tréma, parce qu'il y a eu Sardou. »

Michel Sardou a donc l'honneur d'inaugurer cette jeune maison en tant que premier artiste. C'est l'artiste-maison mais juridiquement il n'a rien à voir dans la société. Juridiquement, c'est un chanteur comme un autre. Affaire d'amitié et staff très familier, installés, bureaux et studios, près des Champs Elysées. Mme Revaux, mère de Jacques, secrétaire générale de direction, est un peu l'ange gardien de la maison : tout passe par ses mains. Alain Revaux, le frère, est directeur financier. Vic Talar manager. Et où on réussit - c'est rare - à conjuguer les rapports affectifs et la rigueur professionnelle. C'est dans ce souci qu'ils ont engagé, pour compléter leur équipe, plusieurs ex-chanteurs : Jean-Pierre Bourtayre, Gérard Melet ou Pierre Billon...

En septembre 1969, la nouvelle équipe Trema/Philips sort un 45 tours 2 titres (America, America - Monsieur le Président de France), point de départ d'une carrière artistique prometteuse.

America... America

Références Modifier

  1. Source clubsardou.com
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