FANDOM


Sand-glass-icon
Années 1970
Sardou 1976
Michel Sardou dans Ring Parade le 30 mai 1976
 Période historique 1970-1979
 Années étudiées 1970 • 1971 • 1972 • 1973 • 1974
1975 • 1976 • 1977 • 1978 • 1979

Détail de la vie de Michel Sardou dans les années 1970[1].

Logo Clubsardou Source Clubsardou.com

1970-1975 : L'ascension Modifier

Parallèlement à sa carrière qui décolle, l'année 1970 commence pour le mieux pour Michel Sardou : le 15 janvier, c'est la naissance de Sandrine, premier enfant de Michel et de Françoise. La petite Sandrine est baptisée à Saint-Pierre de Montmartre à Paris, l'église où se sont mariés ses parents.

La petite Sandrine  Sandrine dans son berceau

Du 4 au 22 février : premier Olympia en lever de rideau d'Enrico Macias. Bruno Coquatrix, directeur de l'Olympia, propose à Michel un contrat à signer : un second passage dans la même année.

Michel rencontre alors Vline Buggy, parolière de Hugues Aufray et de Claude François. Vline conseille à Michel de faire des textes plus populaires. Michel est tout d'abord réticent, puis accepte et enregistre en mars 1970 le 45 tours Les Bals populaires/Et mourir de plaisir. C'est le succès immédiat et la consécration !

Le titre obtient le grand prix de la SACEM et offre à son interprète un premier disque d'or, mais aussi le "Prix de la Révélation du Music-Hall" et le prix "Francis Carco remis par l'Académie du Disque Français" et le prix "Vincent Scotto" !

Michel dira plus tard que c'est Vline Buggy qui lui a appris a écrire des paroles de chansons populaires. Elle participera a l'écriture de ses premiers grands succès Les Bals populaires, J'habite en France, Et mourir de plaisir.

45T en mars 1970  45T en octobre 1970

Les Français se sont enfiévrés véritablement avec J'habite en France qui touche directement leur amour patriotique. En pleine période "post soixante-huitarde", Michel Sardou véhicule alors une image rassurante de France traditionnelle, de vrai chanteur populaire. Michel part ensuite en tournée en première partie d'Alain Barrière à partir de février 1970.

En tournée à Suze la Rousse (années 70)  Avec sa mère Jackie, en tournée

1970 est aussi une année prolifique pour Sardou. Il fait la une des magazines de jeunes et va aux États-Unis avec Jean-Marie Périer pour le magazine Salut les Copains.

USA1  USA2  USA3

Quel plaisir d'être enfin récompensé pour son travail ! Bien épaulé par Jacques Revaux et Vline Buggy, l'artiste a tous les atouts pour conduire sa carrière dans la durée. Ses fréquentes apparitions sur les ondes radio ou à la télévision contribuent à le faire connaître un peu plus largement au public. Puis Michel a une voix ! Il sait la percher très haut pour donner un agréable relief à ses chansons. Les premiers succès dépassent les frontières, avec des disques publiés à l'étranger.

Japon SFL 1328-1  45T Italie bals  NL les bals-1

Financièrement aussi tout va bien pour Michel. Pour assouvir son grand appétit pour les belles choses, Michel laisse volontiers son deux pièces dans le 18e arrondissement à Paris et s'établit à Neuilly, dans un appartement éclatant. Fanatique de cinéma il craque devant une belle caméra 16 mm et, à court à terme, il rêve de posséder une salle de projection. À ce rythme, l'appartement de Neuilly est vite saturé. Scrutant tous les coins de Paris, il parvient à se trouver une résidence somptueuse à Reuil, au milieu des bois de Saint-Cucufa : une propriété de 3 hrvtares. Et pas n'importe laquelle, le Pavillon de chasse de Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon. Un choix guidé par l'entichement que Michel porte à l'empereur. Sa nouvelle demeure est toute proche des studios d'enregistrement.

La particularité de cette demeure, c'est qu'elle est composée de trois maisons judicieusement bien séparées. L'ensemble est protégé par un grand mur. Un escalier ancré sur de gros rondins dehors mène à l'intérieur. Un décor complètement moderne, style "An 2000" : piano électrique, magnétoscopes multiples, chaîne hi-fi de haute performance, moquette couleur charbon. Le plus marquant ce sont encore les tableaux au portrait de Napoléon. Ils sont partout suspendus aux murs, posés sur les meubles. L'Empereur a une place aussi sacrée que les membres de la famille Sardou !

Au rez-de-chaussée une immense salle à manger avec cuisine. Dans le pavillon juxtaposé on peut voir une superbe salle de bain, juste à côté la bibliothèque, remplie de volumes sur Napoléon, mais aussi des ouvrages sur Apollinaire, Maupassant, Gustave Flaubert... Sur un placard télévision et magnétoscope. Le troisième bâtiment retiré du foyer comprend de nombreuses distractions : billard, jeux de société, salle de projections, , etc.

Pavillon 1970  Pavillon 1970b  Sardou jouant au billard

En septembre et en octobre 1970, Michel Sardou remplace pendant trois soirs les Voices of East Harlem dans le spectacle de Sylvie Vartan.

Du 12 au 25 octobre 1970 : second passage à l'Olympia, en vedette américaine de Jacques Martin. Trente minutes sur scène. On découvre Les Bals populaires et Et mourir de plaisir. C'est la consécration. Bruno Coquatrix propose à Michel un passage en vedette.

Le style de l'album J'habite en France, qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros remis par Valéry Giscard d'Estaing, ministre de l'Économie et des Finances, futur Président de la République, en 1971, vaut à Sardou d'être classé dans la catégorie « chanteur populaire ». La chanson du même nom l’impose même comme le chanteur de la « France profonde » aux yeux des médias. C’est une image dont il ne se débarrassera jamais au cours de sa carrière, bien qu’il ne se soit pas éternisé dans le registre de la chanson à boire. D'ailleurs, ce titre franchit la barre des 500 000 exemplaires vendus.

Tout s'accélère pour Michel Sardou. En février 1971, il participe à la tournée avec Jacques Martin. Et le 17 avril 1971, il rencontre Élisabeth Haas, surnommée Babette. Puis, du 3 au 21 novembre 1971, c'est son premier passage en vedette à l' Olympia, en première partie des attractions et les Frères Ennemis. « J'ai voulu ce récital comme un couple qui désire un enfant » dira-t-il plus tard.

L'Olympia est un grand succès. Michel est bon, très bon. Les gestes sont sûrs pendant les interprétations. La musique juste. Le public passe deux heures inoubliables de joie, de sensations, de surprises. Le soir de la dernière, une ovation de 12 minutes, chronométrée par Bruno Coquatrix lui-même !! On n'avait pas fait mieux depuis Edith Piaf.

Le passage scénique reçoit un écho important dans la presse. Il est souvent décrit pour quelqu'un d'engagé, le réactionnaire parfait. Sardou conteste ses dires : « Je ne suis pas foncièrement un homme de révolte. Je chante les choses de la vie, faites de violence, d'amour, de soucis. Nous vivons dans une période d'agressions ».

Le 3 novembre, Michel enregistre en public son premier 33 tours enregistré en public et Tréma publie des extraits de l'Olympia 1971 par des extraits en 45 tours.

Sardou à l'Olympia 1971  33T live71  Je t'aime Je t'aime  Japon SFL 1403-1

Michel Sardou commence à être souvent éloigné de sa femme Françoise` et de sa fille Sandrine car il passe une bonne partie de l'année 1971 en tournée, mais il les rejoint dès que possible.

En vacances avec Sandrine (1971)  Avec Françoise et Sandrine (1971)

En 1972, après six 45 tours et deux albums (dont un enregistrement public), Jacques Revaux, Régis Talar et Michel décident de quitter Philips. Tréma (Talar Revaux Editions Musicales Artistiques) devient distributeur de ses disques et vole désormais de ses propres ailes.

L'année 1972 marque aussi les premières émission télé majeures pour Michel : Cadet Rousselle et À bout portant (dont des extraits seront repris de très nombreuses fois dans les décennies suivantes à la télé).

1972, c'est l'année des tournées Sardou à travers la France. C'est d'un rythme enlevé que Michel conduit cette longue tournée qui, chaque jour, lui fait découvrir une ville différente. Perfectionniste, il fait un tabac.

Edition-du-18-septembre-1972

En 1972, c'est le premier vrai disque 33 tours de Michel Sardou ! Avec, en couverture, la photo de la future affiche de l'Olympia en 1973. Et plusieurs 45 tours suivent.

1972  Avec l'amour  Chanson d'Adieu

Michel a 25 ans , il est riche et célèbre. Fin 1972, il raconte à Franck Lipsik, qu'il a vendu plus de 4 millions de disques, parcouru cinq cent milles kilomètres sur les routes de France, chanté plus de 450 fois devant environ 1 million de spectateurs.

Pendant son temps libre il se passionne beaucoup pour la moto et le cheval. C'est Michel Delpech qui lui a donné le goût des chevaux, quant à la moto c'est Johnny Hallyday.

En 1973, Michel crée au sein de Tréma son propre label de production "Eagle Records".

Michel installe ses bureaux rue Violet à Paris, et nomme un directeur pour cette nouvelle société. Il investit son argent personnel tant dans la production que dans la promotion, s'occupe selon son emploi du temps des séances d'enregistrements de ses poulains. Il les parraine au cours des émissions télé auxquelles il participe, mais rien de vraiment positif ne se produit.

C'est le moins que l'on puisse dire, aucun de ses poulains ne fera l'affaire et c'est bientôt l'échec. Ils avaient mis le mauvais pied dans l'engrenage du Show-business.

Du 16 janvier au 4 février 1973 : premier "one-man show" à l'Olympia. Seul sur scène pendant 2 h avec 30 chansons. Une chanson fleuve Danton et une affiche de condamné, qui fait scandale.

Affiche 1973
Affiche 1973

Michel donne tout de même quelques explications aux journalistes sur les raisons de cette représentation très surprenante : « J'ai choisi cette affiche parce qu'elle choque. Elle remplit parfaitement le rôle qui est d'attirer l'œil. D'autre part j'ai décidé d'annoncer la couleur et quant à mon âge - 25 ans - on s'offre un récital sur la plus grande scène parisienne, on s'expose forcément aux balles des fusils ».

Sardou 1973  Sardou 1973b

« Avec ce one-man show je prends un risque énorme » déclare Michel à Claude Mazeran du Journal du Dimanche. « Si ça marche c'est formidable, je passe à la catégorie supérieure. Mais si je me casse la figure, ça va être dur de remonter la pente : je ne me vois pas revenir l'an prochain à l'Olympia en seconde partie. »

Le chanteur accompagné de onze musiciens et de neuf choristes, habite toute la scène. Le public est complètement séduit. La salle s'enflamme dès les premiers accords. Toutes les nuits, 1 500 spectateurs sont épatés par tant de magnificence, les décors sont somptueux pour servir Michel. Qualité, punch, les chansons sont vivantes, pour bien remplir leur rôle et séduire. Les mots sont bien choisis pour sonner juste et l'interprète a su progresser depuis qu'il chemine la scène. Il a appris le métier avec sérieux et il en tire de la reconnaissance. Il le mérite. Spontanément le public chante avec lui. L'Olympia de Michel Sardou arrive à son terme au bout de 15 jours. Chacun reste sur un souvenir impérissable et pour prolonger ses moments superbes, le public se rabat volontiers sur ses singles.

Il est parvenu en quelques années à une grande notoriété. Une réussite modèle qui a grandi au cours d'un travail constant. La voix s'est bonifiée depuis le premier tube "Les Bals Populaires". Le phrasé connaît également un progrès indéniable.

Sardou gâteau 1973

Durant l'Olympia, Michel fête ses 26 ans, derrière le lourd rideau rouge, dans les coulisses. Il souffle les bougies d'un gâteau géant de trois étages entouré de 45 tours...

Après l'Olympia, la composition est à l'ordre du jour. Puis, les émissions télé s'enchainent. En avril 1973 : Samedi Soir par Philippe Bouvard. En mai 1973, Top à Michel Sardou de Guy Lux avec Johnny Hallyday, Mireille Mathieu, Pierre Billon... et Fernand Sardou !

3 juillet 1973 : sortie de La Maladie d'amour. La chanson reste 10 semaines n° 1 au hit-parade de RTL !!! C'est la nouvelle consécration après Les Bals populaires. Après ce joli coup, Michel quitte l'hexagone en juin et pose ses valises sur les îles. Il chante à l'île de la Réunion, l'île Maurice, l'océan indien avec à chaque fois des milliers de personnes à ses pieds.

1973 - Repos mérité dans les îles, été

1973 marque aussi la création du Club Michel Sardou sur l'initiative du directeur artistique de Michel Sardou, Michel Olivier. Depuis longtemps les fans attendaient ce moment. Ce Club n'était pas une industrie Sardou. À but non lucratif, il est dirigé par une équipe de volontaires, car Michel Olivier, débordé par l'énorme quantité de courriers engendrée par la sortie de La Maladie d'Amour, demande à Serge et Marie Luce de le seconder. Le Club vit grâce à une cotisation annuelle peu onéreuse ouverte à tous les adhérents. Comme tous les bons Club de vedettes, celui de Michel offre une foule d'information sur lui. Chaque année les adhérents reçoivent deux bulletins, puis ce seront des magazines, plus les bulletins, des photos signées, des affiches, des concerts ou des soirées Fan Club.

1973 a été une année mouvementée pour Michel. Alors que sur le plan professionnel tout lui réussit, il y a eu la rencontre avec Babette, dont il s'éprend éperdument. Dans la maison des bois de Saint-Cucufa son couple avec Françoise bat de l'aile. Quelque chose est rompu. Les invités se font de plus en plus rare, le climat y est ténébreux. Disputes, moments douloureux, la vie de ménage est submergée de tracas. Et malgré la naissance de Cynthia tout change très vite pour le pire.

En juillet-août il est de retour en France pour plusieurs galas. À la kermesse de la bière à Maubeuge, plus de 15 000 personnes se sont déplacées. À Lusignan il réitère le même rassemblement.

En septembre, Michel retrouve les studios pour y enregistrer un 33 tours, promu disque d'or trois mois après sa sortie.

En novembre Michel est l'invité de Discorama, l'émission télévisée culte, animée par Denise Glaser.

4 décembre 1973 : naissance de Cynthia, seconde fille de Michel et de Françoise.

Naissance de Cynthia Sardou
Michel, Françoise et Cynthia, décembre 1973

Présent en permanence au sommet des hit-parades depuis environ trois ans, Michel Sardou ne cesse de se produire en public. En janvier  1974, il passe ses vacances à Megève et assiste à la naissance de son premier fils Romain le 6, de son union avec Élisabeth Haas, dite « Babette », qui deviendra ensuite sa deuxième épouse, puis passage à l'Olympia, avec 5 jours dans le Musicorama d'Europe 1 depuis l'Olympia de Paris du 8 au 11 janvier 1974. Carlos et Pierre Billon font la 1Modèle:Ère partie.

Durant l'été 1974, Johnny Hallyday et Michel se produisent ensemble, le 3 août, aux arènes de Béziers et le 28 à la patinoire de Genève. L'ordre d'entrée en scène est joué aux dés par les deux protagonistes... Sardou joue en première partie et Hallyday assure la seconde. Il le rejoint pour le final et pour La Musique que j'aime et Johnny B. Goode interprétés en duos

Tour74
En répétitions avec Johnny

Pas d'album, mais de nouveaux 45 tours sortent en 1974, qui connaissent un immense succès, notamment avec Les Villes de solitude et Je veux l'épouser pour un soir.

Marche en avant  J'ai 2000 ans

En 1975, Michel Sardou continue d'enchaîner les succès et chante quasiment tous les soirs en 1975 !

L'Olympia du 28 décembre 1974 au 2 février 1975 avec Carlos en première partie, et un passage au Québec en juin.

Le 16 mai, Michel Sardou a un accident de voiture avec sa femme Françoise et sa fille Sandrine. Il a tout juste le temps de sortir de la voiture avant qu'un camion ne fonce dessus ! Cela va lui inspirer la chanson "Un accident" sortie juste avant l'été et les grands départs en vacances.

En novembre 1975, sort le 45 tours Le France, chanson dans laquelle Sardou s'exprime au nom du paquebot du même nom, à cette époque amarré à un quai du port du Havre, alors que le gouvernement de Jacques Chirac a annoncé mettre fin à la prise en charge de son déficit : « Ne m'appelez plus jamais France/La France, elle m'a laissé tomber », chante-t-il. La chanson, qui deviendra par la suite un grand classique de son répertoire, se vend à plus d’un million d’exemplaires et lui vaut d'être salué par les syndicats et le Parti communiste français[2], malgré son image de chanteur engagé à droite et les hostilités qui les avaient déjà séparés. Cette chanson précède un album — La Vieille — qui, malgré son succès, causera au chanteur bien des désagréments.

1975.1  1975.2  1975.3

1976-1977 : les années sombres Modifier

L’année 1976 débute sous de mauvais auspices pour Michel Sardou, son père mourant le 31 janvier 1976 dans les coulisses du théâtre de Toulon d'une crise cardiaque. Une époque s'achève avec le décès de Fernand Sardou. La cérémonie a lieu le 4 février à l'église St-Pierre de Neuilly par Joseph Ray.

Michel poursuit sa carrière artistique et enregistre, les 3 et 4 juin, La Marseillaise au Studio 92. Cependant, 1976 fut une année noire dans la vie de Michel Sardou. D'abord la disparition de son père, puis certaines de ses chansons provoquent et choquent une partie de l'opinion publique. Elles sont jugées macho, et même facho par certains : J'accuse, Les Villes de solitude (dont les paroles J'ai envie de violer des femmes a fait crier au scandale les féministes), et surtout Je suis pour (qui exposait la loi du talion si l'on touche à un enfant) qui est mal comprise et transforme pour certains Sardou en un fanatique de la guillotine, alors qu'en plus de cela l'affaire Patrick Henri bat son plein. Manifestations anti-sardou dans les rues, bombe artisanale retrouvée dans la salle avant le spectacle, Sardou arrête sa tournée avant qu'il n'y ait un incident plus grave.

Manifs  Fernand  La Vieille

En outre, malgré le grand succès public de l'album La Vieille – qui dépasse le million d'exemplaires vendus –, un titre, en particulier, suscitera l'indignation. Il s'agit du Temps des colonies où Sardou se voit accusé de faire l'apologie d’un colonialisme primaire et raciste. Les radios refusent de diffuser le titre, sauf France Inter — qui ne le passera qu'une seule fois. Le quotidien Libération commente alors au sujet de la chanson : « Le fascisme n’est pas passé et Sardou va pouvoir continuer à sortir ses sinistres merdes à l’antenne. »[3]

Michel Sardou livre donc en octobre Je suis pour, texte dans lequel le chanteur relate avec des mots assez violents, l'histoire d'un père dont on a tué l'enfant et évoque le thème de la peine de mort. Le texte tombe dans un contexte difficile (procès de Patrick Henry accusé d'avoir assassiné un enfant). Les comités "anti-Sardou" se multiplient. La polémique reprend. Des manifestations ont lieu et sa tournée est régulièrement perturbée. Finalement déstabilisé, Michel Sardou annule les deux dernières dates. Pourtant, la ferveur du public est toujours présente, comme si la France était divisée en deux, les "pros Sardou" et les "anti-Sardou".

Les pro et les anti-Sardou, journalistes comme artistes, font entendre leur voix. Ses soutiens écrivent dans les colonnes du Figaro, de Paris Match ou même du Monde. Plusieurs artistes, pourtant engagés à gauche, le soutiennent, Yves Montand, Serge Reggiani, Bernard Lavilliers ou encore Maxime Le Forestier, au nom de la liberté d'expression.

En 1977, plusieurs « comités Anti-Sardou » se forment, qui se donnent pour but d’empêcher le chanteur de donner ses récitals au cours de la tournée qui commence en février 1977 : ils organisent des manifestations en province contre sa venue, l’accueillent par des insultes à son arrivée, peignent des croix gammées sur les véhicules de sa caravane, distribuent des tracts très virulents. Une bombe est même retrouvée dans la chaufferie de Forest National, à Bruxelles. Michel Sardou prendra la décision d’annuler les deux dernières dates de sa tournée.

Toutes ces tracasseries aboutiront à la publication, en 1978, d'un opuscule intitulé Faut-il brûler Sardou ? écrit par Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Savelli.

1977-1979 : le retour aux sources Modifier

Devant l’ampleur des évènements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson. Il décide de revenir dès 1977, mais semble délaisser la provocation et la prise de position politique. Il n'abandonne pas de son métier de chanteur car il est, le 9 septembre 1977, en Pologne pour une émission de Yves Mourousi. Puis un mois plus tard, le 15 octobre 1977, il épouse en secondes noces Babette dont il a déjà eu un fils, Romain, en janvier 1974. Le mariage est retransmis en direct sur Europe 1.

1976.1  1976.2  1976.3

L'année 1977 est aussi celle d'un nouvel album qui connait à nouveau un immense succès. Tout d'abord Dix ans plus tôt, le tube de l'été 1977 écoulé en 45 tours à plus de 1 million d'exemplaires ! Mais aussi le grand classique de répertoire de Michel Sardou : La Java de Broadway. Et également une reprise de Comme d'habitude. Michel Sardou avait fait en effet un pari avec Claude François qu'il arriverait à vendre plus d'exemplaires de la chanson que Cloclo ne l'avait fait. C'est une sorte de concurrence-amitié à l'époque entre les deux stars.

Michel continue son retour en sources en 1978 et entame, du 19 au 21 janvier, les répétitions pour la prochaine émission de Maritie et Gilbert Carpentier, Numéro 1, qui est diffusée le 28 janvier 1978.

1978.1  1978.2  1978.3

Après ces années qui, professionnellement, ont été éprouvantes, l'artiste procède à un incontestable retour sur lui-même qui fait la part belle à l’introspection, au retour vers l’enfance avec "En chantant", à l'évocation de son père avec la reprise du succès Aujourd'hui peut-être et la remémoration de sa rupture avec ses parents avec Je vole.

À propos de la chanson En chantant, Michel déclarera : « J'avais besoin d'une vraie chanson populaire, facile à entendre et simple à retenir. Les chansons de combat commençaient à me fatiguer. J'avais dans l'idée de changer de métier. J'étais malade, et aucun médecin ne savait de quoi je souffrais. Quelqu'un m'a conseillé de partir en voyage ; en m'assurant que j'allais m'ennuyer partout, mais qu'en rentrant je serais guéri. Je suis parti… »

En février, fort de sa popularité, Michel Sardou donne trois concerts à Beyrouth au Liban. Attiré par le soleil, il en vacances au Maroc à Hammamet pour deux jours les 29 et 30 avril.

Le 5 juin, départ de la descente du canyon du Colorado avec Johnny Hallyday. Ils trouvent rapidement la descente trop facile, et ne ressentent pas le côté aventure qu'ils souhaitaient expérimenter. Très vite ils finiront donc leur séjour à Las Vegas en compagnie de Raquel Welsh. Ce voyage inspirera la chanson 8 jours à El Paso.

L'année 1978 correspond aussi la naissance de son autre fils Davy en juin à la clinique Belvédère de Boulogne (92), ainsi que la rencontre avec Didier Barbelivien qui devient l'un de ses paroliers réguliers.

Le 26 juin, Michel Sardou est présent au mariage de Carlos à Deauville.

Michel est en tournée permanente (avec un vol de costumes de scène le 7 juillet), mais du 28 octobre au 29 novembre 1978, c'est un nouveau récital au Palais des congrès de Paris.

Sardou 1978
1978 : Michel et son cheval, au Bois de Saint Cucufa.

En 1979, de janvier à mars, Michel Sardou termine sa série de concerts, qu'il reprendra pour une tournée d'été en juillet/août 1979. Cependant, le 22 janvier, il est présent au Midem à Cannes (Marché international du disque et de l'édition musicale, abrégé MIDEM, est le plus grand rassemblement au monde d'entreprises travaillant dans le secteur de la musique). Puis, en février 1979, c'est la sortie du double 33 tours de l'Olympia 78 avant de profiter de vacances bien méritées aux Caraïbes, du 10 au 23 mai.

1979.1  1979.2  1979.3

Comme à son habitude dans les années 1970, pas une seule année sans nouvelles chansons. Un nouvel album contenant Je ne suis pas mort, je dors (chanson préférée du Président de la République Française François Mitterand) et aussi un 45 tours Déborah/Dans la même année.

Mais ces nouvelles chansons rencontrent moins de succès que les années précédentes, même si la popularité de Michel Sardou est très forte encore en cette fin des années 1970.

Sardou 1979
1979 : Michel et sa moto, au Bois de Saint Cucufa.

Références Modifier

  1. Source clubsardou.com
  2. Michel Sardou. Et qu'on n'en parle plus. XO Éditions, 2009, p. 72.
  3. Libération du 12 mars 1976.
Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA .